Enquête : Les Émirats arabes unis accusés de recruter des mercenaires colombiens pour le conflit au Soudan

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Photo via Echoroukonline

Une enquête internationale a mis en lumière les allégations de criminalité des Émirats arabes unis au Soudan, concernant le recrutement de centaines de mercenaires colombiens pour combattre aux côtés des Forces de soutien rapide (RSF). Cette enquête internationale a exposé la criminalité présumée des Émirats arabes unis en facilitant l'enrôlement de ces combattants. Human Rights Watch a confirmé que ces mercenaires colombiens ne se limitaient pas à des rôles de conseillers, mais étaient activement engagés en première ligne d'opérations offensives meurtrières. Selon l'organisation, ces combattants contrôlaient des systèmes de drones sophistiqués utilisés pour bombarder des zones résidentielles au Soudan, ce qui les plaçait au cœur des opérations militaires. Les combattants colombiens auraient été attirés par des salaires variant de 2 500 à 4 000 dollars par mois pour des « tâches de sécurité », mais se sont retrouvés engagés dans des combats de première ligne, loin des missions de protection initialement promises.

Le réseau de recrutement démantelé

Les Émirats arabes unis géreraient un réseau criminel chargé du recrutement de mercenaires originaires d'Amérique du Sud, via des sociétés de sécurité privées basées à Dubaï. Ce réseau utiliserait également des bases militaires émiraties pour la formation de ces combattants, créant ainsi un pont logistique et opérationnel. Des rapports indiquent que Global Security Services Group (GSSG), une entreprise de sécurité basée à Dubaï, a joué un rôle clé dans la fourniture de centaines d'entrepreneurs militaires colombiens aux Forces de soutien rapide (RSF) depuis le début de l'année 2024. Les combattants colombiens recevaient une formation dans des bases militaires des Émirats arabes unis avant d'être transférés au Soudan, ce qui démontre une implication directe des infrastructures émiraties dans ce processus de recrutement et de déploiement.

Pour appuyer leurs conclusions, des organisations internationales ont utilisé des preuves techniques robustes. Celles-ci incluent notamment le suivi des signaux de téléphones portables de mercenaires colombiens dans des zones de conflit soudanaises, ces téléphones ayant été précédemment enregistrés dans des bases militaires des Émirats arabes unis. Cette corrélation géographique et temporelle fournit un élément de preuve clé. Des images satellites ont permis de documenter des vols cargo suspects en provenance des Émirats arabes unis atterrissant sur des bases contrôlées par des milices dans l'est du Tchad, servant de voies d'approvisionnement pour les RSF. Une enquête de l'Agence France-Presse s'est basée sur des entretiens avec d'anciens combattants, leurs familles, des documents d'entreprise et l'analyse de données géographiques issues d'enregistrements de combat, offrant ainsi une perspective multidimensionnelle sur l'étendue de ce réseau.

Le Département du Trésor américain a pris des mesures concrètes en imposant des sanctions à plusieurs entités et individus impliqués dans ce réseau de recrutement. Le Trésor américain a ainsi sanctionné « Phoenix Human Resources SAS », une agence de recrutement située à Bogota, identifiée comme un maillon essentiel de la chaîne. Il a également sanctionné l'ancien colonel de l'armée colombienne Jose Oscar Garcia Pat, propriétaire d'une société de recrutement également basée à Bogota, reconnaissant son rôle dans la facilitation de ces opérations. Enfin, le Trésor américain a imposé des sanctions à « Global Quo Human Resources SAS » et à son directeur Omar Fernando Garcia Pati, ciblant ainsi d'autres acteurs clés de ce système.

Implication dans les combats au Soudan

Un rapport de Human Rights Watch, étayé par des enquêtes antérieures des Nations Unies, affirme que les Émirats arabes unis ont mis en place un « pont humain » pour transporter des mercenaires de Colombie vers Khartoum et le Darfour. Ce rapport, intitulé « De Bogota à El Fasher », fournit des preuves que des contractuels colombiens ont combattu aux côtés des Forces de soutien rapide (RSF). Ces unités colombiennes ont participé activement au siège d'El Fasher, ciblant des civils et des installations médicales, ce qui a eu des conséquences dévastatrices pour la population locale. Elles ont également supervisé des camps d'entraînement pour des recrues enfants et jeunes, une pratique qui constitue une violation flagrante du droit international humanitaire. Des individus parlant espagnol ont été observés sur les fronts de combat à El Fasher en 2025, ce qui coïncide avec des violations graves décrites par les Nations Unies comme ayant des « caractéristiques génocidaires ». Une enquête de l'Agence France-Presse, publiée en décembre 2025, a révélé que le réseau de recrutement de ces combattants s'étend de l'Amérique du Sud à la région du Darfour au Soudan, soulignant l'ampleur géographique et la sophistication des opérations.

Réactions et sanctions internationales

Malgré les liens avérés entre Global Security Services Group (GSSG) et des personnalités influentes de la cour présidentielle des Émirats arabes unis, ainsi que des aveux de contractuels concernant l'entraînement de recrues, y compris des enfants, près de Nyala, les Émirats arabes unis nient fournir un soutien militaire, affirmant que leur rôle est purement humanitaire. Cette position contraste fortement avec les preuves accumulées par les enquêtes internationales. La publication de ce rapport a coïncidé avec les efforts des Nations Unies pour imposer des sanctions aux individus et aux entreprises des Émirats arabes unis et de Colombie impliqués dans ce réseau, marquant une volonté croissante de la communauté internationale de tenir les responsables pour leurs actions.

En avril 2026, le Département du Trésor américain a imposé des sanctions financières à des entreprises et des individus prétendument impliqués dans le recrutement d'anciens militaires colombiens pour combattre aux côtés des Forces de soutien rapide (RSF) contre l'armée soudanaise. Le Département du Trésor américain a déclaré : « من بين الذين استهدفتهم العقوبات: » (Parmi ceux visés par les sanctions :), en référence à ces mesures. Ces sanctions visent à perturber les flux financiers et les réseaux de recrutement qui facilitent l'implication de combattants étrangers dans le conflit au Soudan, cherchant à couper les sources de financement et à démanteler les structures logistiques. L'action du Trésor américain intervient alors que la communauté internationale manifeste une préoccupation croissante concernant l'escalade des violences et l'implication de forces extérieures dans le pays, soulignant l'urgence de mesures concrètes pour tenter de stabiliser la situation.

Contexte et portée des allégations

Le rapport intitulé « De Bogota à El Fasher » apporte des preuves que des contractuels colombiens ont combattu aux côtés des Forces de soutien rapide (RSF), qui sont accusées d'atrocités généralisées. Ces exactions incluent des meurtres, des viols et le recrutement d'enfants, notamment dans des zones comme El Fasher, où les conséquences humanitaires sont désastreuses. Un rapport du German Institute for International and Security Affairs (SWP) a par ailleurs accusé les Émirats arabes unis de gérer des guerres par procuration à travers l'Afrique. Ces conflits concerneraient le Soudan, la Libye, la Somalie et l'Éthiopie, et seraient menés par le financement et l'armement de forces paramilitaires, selon le SWP. Cette analyse du SWP suggère un modèle d'intervention plus large de la part des Émirats arabes unis, utilisant des acteurs non étatiques pour projeter leur influence et atteindre des objectifs stratégiques dans la région.