Élite israélienne dénonce le « terrorisme juif » en Cisjordanie

فلسطيني يحاول إطفاء نيران أشعلها مستوطنون صهاينة في مزرعته في قرية حوّارة بالضفة المحتلة
Photo via Echoroukonline

Deux anciens Premiers ministres israéliens, ainsi qu'une vaste élite de personnalités influentes en Israël et aux États-Unis, ont adressé une lettre ferme et fortement rédigée au Premier ministre Benjamin Netanyahu. Parmi les signataires figurent d'anciens chefs d'agences de renseignement et de sécurité souveraines, ainsi que des dizaines d'anciens responsables d'institutions sécuritaires diverses. Cette missive exige du Premier ministre Netanyahu qu'il prenne toutes les mesures sécuritaires et légales nécessaires pour éliminer immédiatement le phénomène du « terrorisme juif » qui s'est propagé et enraciné en Cisjordanie ces dernières années, selon les signataires. L'ancien chef du Mossad, Tamir Pardo, a signé cette lettre, tout comme l'ancien conseiller à la sécurité nationale, Uzi Arad. D'anciens généraux tels que Nitzan Alon, Avi Mizrahi et Gadi Shamni figurent également parmi les signataires, apportant ainsi leur expertise et leur autorité à cet appel urgent.

Demandes et avertissements officiels

La lettre a été rédigée et formulée juridiquement par l'avocat Shmuel Berkovitz au nom du groupe, conférant au document une rigueur et une portée légales significatives. Ce document a été adressé au ministre de la Défense, au ministre de la Sécurité nationale, à plusieurs ministres du gouvernement, au chef d'état-major de l'armée, au chef du Service de sécurité générale (Shin Bet), à l'inspecteur général de la police, ainsi qu'à d'autres hauts fonctionnaires des corps judiciaire et administratif. Cette large diffusion note la gravité de la situation et la volonté des signataires de faire pression sur l'ensemble de l'appareil étatique.

Cette démarche collective, qualifiée d'inédite par les observateurs, est considérée comme une mesure légale préliminaire et une notification officielle précédant un éventuel recours direct devant la Cour suprême, si le gouvernement actuel persiste dans ses politiques et ne prend pas de mesures concrètes et urgentes pour résoudre cette question complexe. La lettre représente un véritable signal d'alarme et un avertissement final et direct au système dirigeant, selon ses signataires, soulignant l'urgence de la situation et le sentiment d'impasse face à l'inaction gouvernementale.

Les signataires réclament le retrait immédiat de toutes les personnes impliquées dans ces actes criminels de Cisjordanie et leur traduction en justice pour des poursuites pénales strictes, afin de mettre un terme à l'impunité perçue. Ils ont également décrit les déclarations précédentes faites par le Premier ministre Benjamin Netanyahu lors de son entretien avec Fox News en décembre comme des allégations sans fondement qui ne correspondent pas à la dure réalité sur le terrain, réfutant ainsi la minimisation officielle des faits.

L'ampleur de la violence des colons

Ce terrorisme a entraîné la mort et des blessures pour des dizaines de villageois et de bergers palestiniens non armés, ainsi que la destruction et le pillage violents et systématiquement brutaux de propriétés privées et publiques par des centaines de criminels et de jeunes extrémistes. Selon les estimations des signataires de la lettre, ces criminels vivent souvent dans des fermes isolées et des avant-postes de colonies aléatoires, non approuvés ou autorisés par les autorités officielles compétentes, ce qui rend leur surveillance et leur contrôle plus difficiles. Les groupes extrémistes établissent délibérément ces avant-postes près de villages palestiniens habités dans le but clair de nuire directement à leurs habitants d'origine, de les intimider et de les expulser par la force des armes de leurs villages et de leurs terres agricoles, une stratégie qui vise à étendre l'influence des colons et à réduire l'espace vital des Palestiniens.

Les auteurs de la lettre ont vivement critiqué la terminologie indulgente du gouvernement à l'égard de ces assaillants, notant que le Premier ministre بنیامین نتنياهو qualifie ces criminels du nom "Jeunes des Collines", jugé absurde et décalé par rapport à la gravité de leurs actes. Lors de raids de grande ampleur et d'attaques généralisées menées par ces criminels, des colons importants d'autres colonies, des unités de défense régionale de l'armée, des équipes de préparation armée des colonies et certains éléments des frontières les rejoignent, ce qui indique une forme de coordination et de soutien implicite ou explicite. Des ministres du gouvernement ne font rien pour éliminer ce terrorisme, et certains d'entre eux le soutiennent même financièrement et logistiquement pour établir de nouvelles colonies et de nouveaux avant-postes, renforçant ainsi le sentiment d'impunité et d'encouragement de ces actions. La violence systématique récente a conduit au déplacement massif de populations palestiniennes et à l'abandon de communautés pastorales entières, notamment dans la stratégique غور الأردن, transformant radicalement le paysage démographique et social de ces régions. Un homme palestinien a tenté d'éteindre des incendies allumés par des colons sionistes dans sa ferme du village de حوّارة en الضفة الغربية المحتلة, un exemple poignant des défis quotidiens auxquels sont confrontés les Palestiniens.

Les signataires et leurs préoccupations

Parmi les signataires de cette missive figurent deux anciens Premiers ministres israéliens, Ehud Barak et Ehud Olmert, qui ont apposé leurs noms à l'appel, conférant un poids politique considérable à la démarche. D'anciens chefs d'état-major de l'armée, Moshe Ya'alon et Dan Halutz, ont également signé la lettre dénonçant le phénomène, soulignant la préoccupation des plus hauts échelons militaires. La liste inclut aussi d'anciens directeurs du Service de sécurité générale (Shin Bet), Carmi Gilon et Yaakov Perry, soulignant l'étendue du soutien au sein des services de sécurité qui connaissent bien la réalité du terrain. Un ancien juge de la Cour suprême, Yoram Danziger, figure également parmi les signataires, apportant son poids juridique à la démarche et signalant une inquiétude quant à l'état de droit. L'ancien procureur général Moshe Lador a aussi signé la lettre, illustrant la préoccupation juridique partagée par ces figures de l'État. Six lauréats de la prestigieuse récompense de l'entité, dont l'écrivain David Grossman, ont joint leurs voix à cet appel, ajoutant une dimension intellectuelle et morale à la dénonciation. Le général de division à la retraite Yaakov Orr, ancien coordinateur des opérations, a dirigé des tournées d'inspection semi-mensuelles sur le terrain, au cours desquelles des commandants à la retraite ont pu observer les scènes choquantes et tragiques résultant des attaques, fournissant ainsi des témoignages directs et des preuves concrètes de l'ampleur du problème. Ces figures de proue, issues de divers horizons de la sécurité, de la justice et de la société civile, s'unissent pour alerter sur une menace qu'ils jugent existentielle pour les valeurs démocratiques et sécuritaires d'Israël.