Élections législatives au Maroc : une participation historiquement basse interroge la confiance citoyenne

Les élections législatives marocaines, tenues un jeudi, ont enregistré un taux de participation officiel de 38,02 %. Ce chiffre historiquement bas a ravivé les interrogations quant à la confiance des citoyens dans les élections, les partis politiques et les institutions du pays. Des voix discordantes ont mis en doute la capacité du processus électoral à engendrer un véritable changement politique. La faible mobilisation soulève des questions importantes concernant la légitimité électorale du parlement et du gouvernement issus de ce scrutin.

Chiffres clés et évolution

Le nombre d'électeurs inscrits sur les listes électorales s'élevait à 15 801 162. Ce chiffre représente plus de dix millions d'électeurs de moins que le nombre total de personnes éligibles au vote. La participation, calculée sur la base de l'ensemble des électeurs éligibles, se situe ainsi autour de 23 % ou moins. Le nombre d'inscrits a diminué de plus de deux millions par rapport à 2021, où il était de 17 983 490.

Le taux de participation aux élections législatives de 2026 s'est établi à 38,02 %. Ce pourcentage est inférieur à celui des élections du 8 septembre 2021, qui avait atteint 50,53 %. Les élections de 2021 incluaient des scrutins législatifs, régionaux et locaux organisés le même jour. Selon le taux officiel, le nombre de votants a atteint environ 6,03 millions. Le ministère de l'Intérieur est la source des statistiques officielles utilisées. Auparavant, la participation aux élections législatives après la constitution de 2011 était de 45,40 % en 2011.

Bask Manar a déclaré que "le nombre de votants, selon le taux officiel, a atteint environ 6,03 millions de votants". Bask Manar note également une tendance à la baisse de la participation depuis 2011.

Causes profondes du désengagement

La baisse du nombre d'électeurs inscrits est liée à l'abstention à l'inscription, particulièrement chez les jeunes. Le pourcentage d'électeurs inscrits âgés de 18 à 24 ans n'a pas dépassé 4 pour cent. Cette faible participation reflète une diminution de la confiance dans les élections et la conviction, parmi des segments de la société, que la participation est « inutile ». Le manque de confiance dans les offres électorales et les promesses faites par les partis contribue également à ce faible taux de participation. La répétition des cycles électoraux n'a pas mis fin aux souffrances de larges segments de Marocains sur le plan social et économique.

Les chiffres observés reflètent un déclin du travail partisan, tant en termes d'affiliation que de capacité à influencer et à mobiliser les électeurs. L'abstention croissante, notamment chez les jeunes, traduit une prise de conscience populaire grandissante quant à l'utilité perçue comme limitée de la participation à ce processus. La participation électorale aux législatives était de 42,29 pour cent en 2016. Mohamed Qandil, universitaire, offre une interprétation politique plus large, considérant l'abstention comme une expression de rejet d'un processus électoral qui ne modifie pas les équilibres de prise de décision.

Analyse des enjeux politiques

Les élections du 23 septembre se sont déroulées dans un paysage politique où les caractéristiques principales étaient déterminées avant même le début de la campagne. Les urnes sont ainsi devenues un mécanisme destiné à conférer une légitimité formelle aux équilibres de pouvoir existants, plutôt qu'un moyen d'expression de la volonté populaire. La montée du Parti de l'Authenticité et de la Modernité (PAM) en tête des résultats est liée à ses relations avec les centres d'influence et les réseaux d'intérêts. Des critiques ont été adressées à certains membres et figures du PAM concernant des soupçons de corruption et des liens avec des réseaux illicites.

La proéminence de Fouzi Lekjaa sur la scène politique reflète la priorité continue accordée aux grands projets et investissements liés aux événements sportifs internationaux. Une diminution de l'attention portée aux priorités sociales des citoyens est perçue. La question n'est pas seulement de savoir qui dirigera le gouvernement, mais de déterminer si un changement de visages entraînera un véritable changement de politiques. Les attentes incluent une pression continue sur le pouvoir d'achat, une augmentation des prix et un approfondissement des inégalités sociales. Les ressources sont dirigées vers les grands projets et les préparatifs sportifs tandis que des secteurs publics comme la santé et l'éducation sont confrontés à des difficultés. Un point commun entre les analyses est que la faible participation électorale représente plus qu'un simple chiffre.

Perspectives internationales et sociales

Les élections sont également examinées dans le contexte plus large de la politique étrangère, avec des critiques concernant le rapprochement continu entre le Maroc et Israël. Cette coopération entre les deux pays a dépassé le cadre diplomatique pour s'étendre aux domaines sécuritaire, militaire, économique et culturel. Ce rapprochement ne refléterait pas les positions de certains segments de la société marocaine, qui rejettent la normalisation et soutiennent la cause palestinienne. Bask Manar, quant à lui, lie le taux de participation de 38,02 % à une baisse de confiance envers les élections, les partis politiques et les institutions du pays.