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L'activiste anticoloniale américaine Ellen M'Khaïeff est décédée à l'âge de 98 ans, a-t-on appris ce jour. Sa disparition marque la fin d'une vie entièrement dédiée aux idéaux de liberté et d'autodétermination des peuples. Née Ellen Klein en 1928 à New York, aux États-Unis, elle a traversé le siècle en témoin et actrice majeure des luttes décoloniales. Elle avait pris le nom d'Ellen M'Khaïeff après son mariage avec l'écrivain et ancien membre de l'Armée de Libération Nationale, Mokhtar M'Khaïeff, unissant ainsi son destin à celui de la cause algérienne. En reconnaissance de son engagement indéfectible et de sa contribution historique, le président Abdelmadjid Tebboune lui avait accordé la citoyenneté algérienne en 2025, un geste symbolique soulignant les liens profonds qu'elle avait tissés avec l'Algérie.
Engagement précoce pour l'indépendance
C'est en 1958 qu'Ellen M'Khaïeff a véritablement plongé au cœur de la lutte pour l'indépendance algérienne. Lors de cette année charnière, elle a rencontré des figures emblématiques du mouvement anticolonial, notamment Frantz Fanon, penseur majeur de la décolonisation, et Mohamed Sahnoun, diplomate et militant engagé. Elle a rapidement rejoint leurs efforts, s'alignant sous la bannière du Front de Libération Nationale (FLN), le principal mouvement politique et militaire luttant pour l'indépendance de l'Algérie. Ce fut le début de son engagement direct et actif dans cette cause qui allait définir une grande partie de son existence. Après son retour à New York en 1960, Ellen M'Khaïeff a poursuivi son action avec détermination, travaillant au sein du bureau local du parti FLN. Depuis les États-Unis, elle a contribué de manière significative aux activités du mouvement anticolonial, œuvrant à la sensibilisation et au soutien international pour la cause algérienne, jouant un rôle clé dans la diaspora.
Vie et œuvre en Algérie indépendante
Après la proclamation de l'indépendance de l'Algérie en 1962, Ellen M'Khaïeff a choisi de s'installer à Alger, la capitale, où elle a résidé pendant douze ans. Durant cette période post-indépendance, elle a mis ses compétences au service du jeune État algérien, exerçant les fonctions de journaliste et de traductrice pour l'Agence de Presse Algérienne (APS). Son travail a été essentiel pour la diffusion de l'information et la construction d'un récit national dans cette période de fondation. Son engagement s'est ainsi prolongé bien au-delà de la lutte armée pour l'indépendance, marquant une période de service dévoué au sein des institutions algériennes naissantes, contribuant à l'édification du pays.
Un autre moment fort de son parcours fut sa participation active en 1969 à l'équipe d'organisation du Premier Festival Panafricain, un événement culturel et politique majeur qui s'est tenu à Alger. Dans ce cadre, Ellen M'Khaïeff était chargée de l'accueil des nombreuses délégations venues des mouvements de libération africains, représentant des nations encore sous le joug colonial, tels que ceux du Mozambique, de l'Angola et de l'Afrique du Sud. Cet événement historique soulignait le rôle central d'Alger comme capitale des mouvements de libération. Elle a également accueilli des membres du mouvement américain des Black Panthers, une organisation emblématique de la lutte pour les droits civiques et l'autodétermination des Afro-Américains, soulignant ainsi la dimension internationale et transcontinentale de l'engagement d'Alger comme carrefour des mouvements anticoloniaux et de libération à cette époque.
Dernières années et héritage durable
En 2019, Ellen M'Khaïeff est retournée en Algérie, un retour aux sources pour cette militante infatigable. Lors de ce séjour, elle a publié un ouvrage capital intitulé « Alger (Capitale), Capitale de la Révolution – De Fanon aux Black Panthers ». Ce livre représente une consolidation de son témoignage personnel et historique sur les mouvements anticoloniaux et les figures qui les ont animés. À travers ses écrits, elle a retracé son parcours unique et son engagement aux côtés des figures majeures de la décolonisation et des mouvements de libération, offrant une perspective précieuse sur cette période tumultueuse et fondatrice. Cette publication a marqué une dernière contribution significative à la mémoire collective de cette période clé de l'histoire mondiale, assurant que son expérience et celle de ses camarades ne soient pas oubliées. Son héritage réside dans son dévouement inébranlable à la justice et à l'indépendance des peuples.