Ali Haroun est décédé le samedi 24 octobre 2026 à l’âge de 99 ans. Né en 1927 à Bir Mourad Raïs, en Algérie, cet acteur historique a marqué la vie politique nationale. Au cours de son parcours, il affirmait : « La démocratie ne se limite pas à déposer un bulletin dans l’urne et à appliquer aveuglément le résultat, quel qu’il soit. » Concernant l’arrêt du processus électoral de 1992, il expliquait : « L’État n’a pas communiqué et, de plus, l’Algérie communique mal. » Il ajoutait également à propos de Mohamed Boudiaf : « Je me sens en quelque sorte responsable de sa mort. »
Un engagement politique décisif
Ali Haroun a rejoint le gouvernement de Sid Ahmed Ghozali en juin 1991. Il y occupait alors la fonction de ministre délégué aux droits de l'homme.
Sa trajectoire politique l'a conduit à jouer un rôle central lors de l'interruption du processus électoral en janvier 1992. Cette décision est intervenue au lendemain du premier tour des élections législatives, largement remporté par le FIS. Ali Haroun a participé activement aux discussions stratégiques ayant abouti à l'arrêt du scrutin, marquant un tournant majeur dans la gestion de la crise politique algérienne de cette période.
Le retour de Mohamed Boudiaf
Ali Haroun a exercé la fonction de membre du Haut Comité d’État (HCE) entre 1992 et 1994. Cette instance collégiale a été mise en place pour assurer la transition politique à la suite de la vacance du pouvoir provoquée par la démission du président Chadli Benjedid en janvier 1992.
Le retour de Mohamed Boudiaf en Algérie a constitué une étape déterminante de cette période. Ali Haroun a joué un rôle moteur dans les démarches visant à convaincre Mohamed Boudiaf de quitter son exil au Maroc pour revenir diriger le HCE. Les efforts d'Ali Haroun ont permis de ramener sur la scène nationale l'ancien chef historique du FLN, qui résidait à Kénitra, afin qu'il prenne les rênes de l'État durant cette phase de crise intense.
Après son passage au sein du HCE, Ali Haroun a poursuivi ses activités militantes et politiques. En 1995, il a cofondé l'Alliance Nationale Républicaine (ANR) en association avec Redha Malek. Cette formation politique a été créée dans le contexte de la recomposition du paysage partisan algérien, visant à structurer un courant républicain face aux évolutions sécuritaires et sociales traversées par le pays à cette époque.