Critique des femmes marocaines défendant les Émirats arabes unis

L'Algérie a rompu ses relations diplomatiques avec les Émirats arabes unis, une décision qui a secoué les dynamiques régionales et provoqué des réactions inattendues. Dans ce contexte tendu, un article polémique a émergé, affirmant que certaines femmes sont qualifiées de « filles de la nuit » qui auraient été « adoptées par les bordels et les hôtels de Dubaï ». Cette accusation grave et dégradante s'inscrit dans une rhétorique particulièrement virulente, visant à discréditer les voix féminines s'exprimant en faveur des Émirats.

La métaphore des mouches

Après la décision unilatérale de l'Algérie de rompre ses liens diplomatiques avec les Émirats arabes unis, plusieurs plateformes marocaines auraient confié la défense d'Abu Dhabi à des « dubbanat », un terme désignant péjorativement des « mouches femelles ». L'utilisation de ce mot est particulièrement significative et révélatrice d'une intention de dévalorisation. Il est à noter que la langue arabe ne possède pas de mot distinct pour une mouche femelle ; « dhibban » (ذِبّان) est un terme pluriel qui inclut à la fois les mouches mâles et femelles, tandis que « dhubab » (ذباب) est le singulier générique pour une mouche. Le dialecte courant utilise cependant le mot « dubbanah » (الدبّانة), qui est une prononciation de « dhibban » avec une shadda sur le « dhal », précisément afin de conférer une image dégradante et humiliante aux mouches. Ce choix lexical n'est donc pas anodin et note une volonté délibérée de rabaisser les femmes ainsi désignées.

Défenseurs des Émirats arabes unis

Des femmes originaires de Marrakech sont décrites comme défendant « Sheikh » Zayed et les Émirats arabes unis, selon les affirmations de l'article. Cette défense est mise en contraste avec le fait qu'elles n'auraient pas défendu leurs propres concitoyens déshonorés à Ceuta ou dans d'autres lieux. L'article n'hésite pas à les dépeindre comme des « filles de la nuit » qui auraient été « adoptées par les bordels et les hôtels de Dubaï », une caractérisation qui dépasse largement la simple critique politique pour verser dans l'attaque personnelle et morale.

Ces prises de position ont suscité de vives interrogations tant au Maroc que dans les pays du Golfe. Des commentaires émanant de ces régions ont remis en question l'implication de ces femmes dans une affaire qui, selon eux, ne les concerne pas directement ni leur pays. La pertinence de leur intervention est ainsi mise en doute, suggérant qu'elles agiraient pour des motivations autres que l'intérêt national ou une conviction politique sincère.

Silence et motivations questionnées

Parallèlement à cette controverse, des Marocains ont vivement critiqué des Algériens qui dénonçaient les liens étroits entre le Maroc et ce qu'ils appellent "l'entité occupée de Palestine". Cette prise de position marocaine, selon l'article, met en lumière une dynamique de défense sélective, où certaines causes sont embrassées avec ferveur tandis que d'autres sont ignorées.

L'article s'interroge avec insistance sur le silence des femmes des Émirats arabes unis elles-mêmes, ainsi que sur celui des milliers de femmes arabes et occidentales qui travaillent et étudient à Dubaï et Abu Dhabi. Il est noté que, de manière frappante, seules des femmes de Marrakech semblent s'exprimer publiquement sur le sujet de la défense des Émirats. Cette observation soulève des questions fondamentales quant aux motivations derrière cette défense spécifique et ciblée, suggérant une absence de mobilisation similaire de la part d'autres groupes féminins pourtant directement liés à la région, que ce soit par la nationalité, la résidence ou les activités professionnelles. L'article sous-entend ainsi que cette défense ne serait pas spontanée ou désintéressée, mais potentiellement orchestrée ou motivée par des intérêts particuliers.