Commémoration du 8 mai 2026 : Macron critiqué pour son silence sur les massacres de Sétif et le contexte des relations franco-algériennes

45 ألف شهيد لم تبصرهم عينُ ماكرون بعد 81 عاما من الجريمة!
Photo: الرئاسة الفرنسية (شبكات) via Echoroukonline

Le président français Emmanuel Macron a assisté aux cérémonies de commémoration du 81e anniversaire de la victoire des Alliés le 8 mai 2026 à Paris. Lors de cet événement solennel, le chef de l'État n'a pas officiellement reconnu les massacres du 8 mai 1945, un silence qui a suscité des critiques et ravivé des tensions mémorielles. Ces massacres, perpétrés à Sétif, Guelma et Kherrata, ont entraîné la mort de 45 000 Algériens, selon les chiffres cités, un bilan qui pèse lourdement sur la mémoire collective algérienne. Le manque de reconnaissance formelle de ces événements historiques par le président français reste un point de tension majeur dans les relations bilatérales entre la France et l'Algérie. La non-mention explicite de ces tragédies lors d'une commémoration aussi significative a été perçue par de nombreux observateurs comme une occasion manquée de faire avancer le travail de mémoire.

Réactions algériennes et contexte diplomatique

En réponse à ce silence, le Président Abdelmadjid Tebboune a qualifié les massacres du 8 mai 1945 d'« une des plus atroces massacres et crimes de génocide contre l'humanité dans l'ère moderne ». Cette déclaration retentissante note la gravité perçue des événements par les autorités algériennes et leur volonté de voir ces massacres reconnus à leur juste valeur historique. La qualification de "crimes de génocide" par le Président Tebboune met en lumière la profondeur du fossé mémoriel entre les deux nations sur cette période.

Dans ce contexte diplomatique tendu, marqué par des épisodes de refroidissement, l'ambassadeur de France auprès de l'Algérie, Stéphane Romatet, est rentré à Alger. Son retour survient après avoir été rappelé pour consultations en avril 2025, une décision qui avait marqué une période de forte tension et de refroidissement dans les relations bilatérales entre Paris et Alger. Le retour de l'ambassadeur est souvent interprété comme un signe d'apaisement et de reprise du dialogue, bien que les questions mémorielles demeurent prégnantes.

Parallèlement à ces développements diplomatiques, la ministre déléguée des Armées et des Anciens Combattants, Alice Rufo, s'est rendue à Sétif pour commémorer les événements. Cette visite intervient alors que le Palais de l'Élysée a désigné les massacres du 8 mai 1945 comme des « événements tragiques », une formulation qui reflète la position officielle française sur ces faits historiques, mais qui est souvent jugée insuffisante par la partie algérienne et par certains historiens. La présence d'un membre du gouvernement français sur les lieux des massacres est un geste symbolique fort, même si la terminologie employée par l'Élysée continue de faire débat.

Reconnaissances passées de Macron et la question de la guerre d'Algérie

Emmanuel Macron a déjà procédé à plusieurs reconnaissances concernant la période de la guerre d'Algérie, marquant une rupture avec les positions antérieures de certains de ses prédécesseurs. En septembre 2018, le président français a officiellement reconnu la responsabilité de la France dans la mort de Maurice Audin en 1957, un mathématicien et militant communiste disparu pendant la bataille d'Alger. Cette démarche avait marqué un tournant dans la reconnaissance des exactions commises par l'armée française durant ce conflit.

Deux ans et demi plus tard, en mars 2021, Emmanuel Macron a également admis que Ali Boumendjel, un avocat et militant nationaliste algérien, avait été torturé et assassiné par l'armée française, également en 1957. Cette reconnaissance est intervenue après des années de demandes insistantes de la famille de Boumendjel et a été perçue comme un pas supplémentaire dans l'établissement de la vérité historique.

Plus récemment, en novembre 2024, le chef de l'État a reconnu que Larbi Ben M'hidi, l'une des figures emblématiques de la révolution algérienne, avait été tué par des militaires français. Ces différentes déclarations s'inscrivent dans une politique de reconnaissance des responsabilités françaises concernant certains épisodes de la guerre d'Algérie, visant à apaiser les mémoires et à construire une relation renouvelée avec l'Algérie. Ces reconnaissances ciblées ont été saluées par certains, mais d'autres estiment qu'elles ne vont pas assez loin et ne couvrent pas l'ensemble des atrocités commises, notamment les massacres du 8 mai 1945.

Initiatives parlementaires et gestes symboliques pour la mémoire

Une commission parlementaire française, dont l'objectif était la reconnaissance officielle des massacres, a été lancée le 8 mai 2024. Cette initiative visait à examiner en profondeur les événements du 8 mai 1945, marquant une étape significative dans les efforts législatifs français concernant la mémoire coloniale. La création de cette commission témoigne d'une prise de conscience croissante au sein de la classe politique française de la nécessité d'aborder ces questions complexes.

L'année précédente, en 2025, une délégation de députés et de sénateurs français avait participé aux cérémonies de commémoration des massacres à Sétif. Leur présence soulignait l'importance accordée par certains représentants politiques français à ces événements historiques en Algérie et leur volonté d'engager un dialogue mémoriel. Cette participation parlementaire s'inscrit dans une dynamique de rapprochement et de reconnaissance mutuelle des souffrances passées.

Dix ans plus tôt, en mai 2015, le secrétaire d'État français chargé des Anciens Combattants, Jean-Marc Todeschini, s'était rendu à Sétif pour assister aux commémorations. Sa participation avait constitué un geste symbolique de la part du gouvernement français de l'époque, intervenant dans un contexte de discussions sur la reconnaissance des massacres de 1945. Ces gestes, qu'ils soient politiques ou symboliques, démontrent une évolution progressive de la position française sur ces questions mémorielles, même si le chemin vers une reconnaissance complète et satisfaisante pour toutes les parties reste encore long.