Bombardements israéliens dans le sud du Liban : destruction et incursions

Liban: L’occupant israélien mène des incursions avec des chars et des bulldozers
Photo via Echoroukonline

Les forces israéliennes ont bombardé le sud du Liban et mené des incursions avec des chars et des bulldozers jeudi, selon l'Agence nationale de l'information libanaise (NNA). Ces opérations ont entraîné la destruction d'habitations et d'infrastructures dans plusieurs zones de la région méridionale du Liban. Le média d'État libanais a rapporté que des explosions ont été observées dans diverses localités à travers le sud du pays, soulignant l'intensité des actions militaires.

Détails des opérations militaires

Les forces d'occupation sionistes ont détruit des habitations et des infrastructures dans les quartiers « Est » et « Quatrième » de la zone d'Al-Musha, située entre Mansouri et Majdal Zoun, en utilisant des barils contenant des explosifs hautement destructeurs, selon l'Agence nationale de l'information libanaise (NNA). Cette méthode a causé des dégâts considérables aux structures résidentielles et aux infrastructures civiles. Des avions de combat israéliens ont mené deux frappes aériennes dans la zone de Harj Ali Taher, dans le district de Nabatiyeh, ajoutant une dimension aérienne aux attaques terrestres. Auparavant, l'artillerie israélienne avait ciblé la ville de Mansouri, où un char Merkava et un bulldozer D9 ont progressé dans la localité, d'après l'agence de presse, indiquant des manœuvres terrestres profondes.

Les opérations ne se sont pas limitées aux bombardements et aux mouvements de blindés. Des véhicules militaires israéliens ont également été observés transportant des conteneurs piégés vers cette zone, signalant une tactique visant à étendre les destructions ou à créer des pièges. Dans une autre incursion significative, les forces israéliennes sont entrées dans la ferme de Halta, dans le district de Hasbaya, au sein du gouvernorat de Nabatiyeh. Elles ont encerclé plusieurs habitations et empêché des résidents de partir, toujours selon l'agence, ce qui a provoqué des inquiétudes quant à la sécurité et à la liberté de mouvement des civils. Un drone sioniste a largué deux bombes sonores sur la route reliant Azziyeh à Mansouri, une action qui, bien que non létale, vise à semer la confusion et la panique parmi la population locale. Les forces israéliennes ont également procédé à des explosions dans les villes de Hadatha et Wadi Baraachit jeudi, poursuivant leur campagne de destruction. Des drones ont survolé la région de Tyr à l'aube, a ajouté la NNA, indiquant une surveillance aérienne continue et potentiellement des actions futures dans cette zone côtière.

Justifications et contrôle israéliens

L'armée israélienne a déclaré que ses forces avaient obtenu un « contrôle opérationnel » au-dessus et en dessous du sol sur les hauteurs de Ali al-Taher, dans le sud du Liban. Cette affirmation suggère une tentative d'établir une présence militaire durable et de sécuriser la zone contre toute activité hostile. Des forces de la 36ème division ont récemment œuvré pour « dégager deux routes souterraines » dans cette zone, qu'elle a décrite comme faisant partie de la « zone de sécurité ». La découverte et la neutralisation de ces infrastructures souterraines sont présentées par l'armée israélienne comme des objectifs clés de ses opérations. L'armée israélienne a affirmé que plusieurs membres du Hezbollah avaient été tués durant cette opération, tandis que d'autres auraient fui la région, ce qui, si confirmé, marquerait un succès tactique pour les forces israéliennes.

Elle a également précisé qu'elle continuerait ses opérations dans ce qu'elle nomme une « zone de sécurité » au sud du Liban, signalant une intention de maintenir une présence active et d'étendre son influence dans cette région frontalière. Cette déclaration intervient dans un contexte de tensions accrues et de pressions internationales. Samedi dernier, le journal israélien Maariv a cité une source de sécurité israélienne indiquant qu'Israël n'avait aucune intention de se retirer de la zone des hauteurs de Ali al-Taher, malgré les pressions américaines. Cette position ferme de la part d'Israël note la complexité des dynamiques régionales et la détermination de l'État hébreu à maintenir ses intérêts sécuritaires perçus dans la zone, même face aux appels à la désescalade. Les hauts responsables de la sécurité israélienne ont réitéré que les opérations militaires se poursuivraient tant que la menace perçue du Hezbollah persisterait.

Bilan et contexte libanais

L'agression israélienne contre le Liban se poursuit depuis le 2 mars, entraînant un bilan humain de plus de 4 000 morts et plus de 12 000 blessés, selon les autorités libanaises. Ces chiffres alarmants témoignent de la gravité et de l'ampleur des violences subies par la population civile. Ces mêmes autorités rapportent également que les opérations ont provoqué le déplacement de plus d'un million de personnes à travers le pays, créant une crise humanitaire majeure et exacerbant les défis socio-économiques du Liban. Les déplacements massifs ont mis une pression considérable sur les ressources et les infrastructures des régions d'accueil, déjà fragiles.

Israël occupe des zones dans le sud du Liban, certaines depuis plusieurs décennies, et d'autres depuis son offensive menée entre 2023 et 2024. Cette occupation prolongée est une source de tension constante et de conflit. Israël a par ailleurs étendu son occupation sur le territoire libanais au cours de l'offensive actuelle, ce qui a été dénoncé par les autorités libanaises comme une violation flagrante de leur souveraineté. Le gouvernement libanais a fermement condamné ces incursions et extensions territoriales, les qualifiant d'actes d'agression qui menacent la stabilité régionale. Les autorités libanaises ont appelé la communauté internationale à intervenir pour faire cesser les violations israéliennes et garantir le respect de l'intégrité territoriale du Liban. La situation demeure extrêmement volatile, avec des conséquences humanitaires et géopolitiques profondes pour la région.