En Algérie, les banques et institutions financières ont lancé une vaste opération de mise à jour des dossiers et des données de leurs clients. Cette démarche s'inscrit dans le cadre de l'application des procédures de connaissance du client, communément appelées « Know Your Customer » (KYC). L'objectif est de renforcer la transparence et la sécurité des transactions financières à travers le pays.
Nouvelles exigences KYC
Les documents exigés pour cette mise à jour comprennent des justificatifs d'identité, de résidence, d'activité et des sources de ressources. Les exigences documentaires varient en fonction du statut du client, qu'il s'agisse d'une personne physique ou morale, et de la nature de la relation bancaire. Pour les personnes physiques, les documents requis incluent un document d'identité valide, un justificatif de résidence, ainsi que des pièces prouvant l'activité et les ressources. Concernant les personnes morales, les documents demandés englobent les statuts de l'entreprise, le registre du commerce, les pièces d'identité du représentant légal et des bénéficiaires effectifs, ainsi que des documents attestant de la résidence, de l'activité et du chiffre d'affaires. Ces mises à jour sont effectuées en application des procédures KYC approuvées par la Banque d'Algérie. L'Instruction « 04-2026 » définit les procédures de connaissance du client pour les banques, les institutions financières et les services financiers d'Algérie Poste. Les procédures de connaissance du client stipulent la nécessité pour ces institutions de détenir des informations précises et actualisées sur leurs clients. Elles adoptent un niveau de diligence et de suivi en fonction du degré de risque associé à la relation bancaire.
Cadre réglementaire renforcé
Ceci s'effectue conformément à l'Instruction n° « 04-2026 » du 30 avril 2026. Ces procédures s'inscrivent dans le cadre réglementaire relatif à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive. Ce dispositif vise à renforcer la transparence des transactions financières et à garantir l'intégrité du système bancaire algérien.
Un plan d'action avait requis de l'Algérie d'améliorer la supervision basée sur les risques. Il lui fallait également renforcer le cadre des informations relatives aux bénéficiaires effectifs. Ce plan exigeait aussi d'augmenter le signalement des transactions suspectes et de développer le cadre juridique et institutionnel de lutte contre le financement du terrorisme. Ces mesures sont essentielles pour aligner le pays sur les standards internationaux en matière de lutte contre la criminalité financière.
Contexte de la liste grise
Le Groupe d'Action Financière (GAFI) a retiré l'Algérie de sa « liste grise » en juin 2026. Cette décision est intervenue après que le pays a résolu des lacunes stratégiques identifiées dans un plan d'action convenu. L'Algérie avait mis en œuvre des réformes visant à renforcer son dispositif de lutte contre le blanchiment d'argent et le financement du terrorisme, ce qui a été jugé suffisant par le GAFI pour justifier ce retrait.
Objectifs et implications
L'objectif de cette démarche est de renforcer la supervision bancaire et de prévenir le blanchiment d'argent ainsi que le financement du terrorisme. Cette étape s'inscrit dans le cadre des efforts de l'Algérie pour consolider son système national de lutte contre la criminalité financière. La Banque d'Algérie a notamment organisé une journée d'étude le 18 mai 2026, dédiée à l'explication du contenu de l'instruction et à la discussion de sa mise en œuvre. Le Crédit Populaire d'Algérie a, pour sa part, envoyé un avis à ses clients dimanche dernier, les invitant à entamer la mise à jour de leurs données. Ce processus vise à garantir la fiabilité des informations, à sécuriser les transactions et à assurer la continuité des services bancaires.