En Algérie, il est devenu exceptionnel qu'une journée se déroule sans qu'un de ses États ne décrète un deuil suite à un accident de la circulation impliquant un autobus. Ce phénomène place le pays parmi les premières nations mondiales en matière d'accidents routiers. Ces accidents touchent une large gamme de véhicules, des motos aux bus, soulignant l'ampleur du problème de la sécurité routière. La fréquence de ces tragédies a conduit à une situation où les annonces de deuil national sont devenues une occurrence quasi quotidienne. La gravité de la situation routière en Algérie est ainsi mise en évidence par le nombre élevé de ces incidents.
La cause humaine prédominante
Les statistiques de la Protection Civile et de la Gendarmerie Nationale convergent pour identifier l'élément humain comme la cause prédominante, presque exclusive, des accidents de la circulation en Algérie. Le problème est attribué aux conducteurs eux-mêmes, réfutant les arguments qui pointent du doigt l'âge des autobus, l'état des pneus ou le manque de pièces de rechange. Les méthodes déployées jusqu'à présent pour freiner « l'hostilité » des conducteurs envers le volant et les règles de la route se sont avérées inefficaces. La profession de chauffeur de bus est devenue une voie pour des individus sans qualification spécifique, souvent caractérisés par des « tendances violentes », aggravant ainsi les risques sur les routes.
Un problème persistant et croissant
La courbe des décès, des invalidités et de la destruction de véhicules résultant des accidents de la circulation ne cesse d'augmenter. Cette détérioration intervient alors que, au niveau mondial, les autobus sont statistiquement les moins impliqués dans les accidents mortels, selon les données générales du secteur des transports. En Algérie, le rôle des chauffeurs de bus dans cette situation est souvent pointé du doigt. La nature du transport en bus y est également un facteur de risque, certaines liaisons routières en Algérie exigeant trois jours et trois nuits de trajet. Cette persistance des accidents met en lumière les défis posés par la sécurité routière dans le pays.
L'héritage d'une tragédie
L'Algérie n'a pas encore réussi à maîtriser le « terrorisme routier », malgré les efforts déployés pour combattre d'autres formes de terrorisme, qu'il soit armé, corrompu ou bureaucratique. Ce constat note une incapacité persistante à résoudre ce problème de sécurité publique. L'ampleur de cette tragédie est telle qu'elle a inspiré des œuvres artistiques par le passé. La pièce de théâtre « Un bus roule » fut ainsi présentée il y a plus de quarante ans par le metteur en scène algérien Mohamed Ziani Cherif et le défunt Azzedine Medjoubi, marquant la conscience collective sur les dangers de la route.
Vers de nouvelles approches
Face à l'échec des mesures antérieures, les autorités algériennes envisagent de réévaluer leur stratégie pour combattre l'insécurité routière. Cette approche renouvelée pourrait impliquer une analyse plus approfondie des facteurs comportementaux des conducteurs. Des initiatives visant à moderniser le cadre réglementaire et à renforcer la formation des professionnels de la route sont également à l'étude. Ces réflexions s'inscrivent dans un contexte où la persistance des accidents nécessite des solutions plus adaptées aux réalités du terrain.