Des tensions diplomatiques entre la France et l'Algérie sont apparues récemment concernant la délivrance de visas, mettant en lumière des désaccords sur les flux migratoires. L'ambassadeur de France en Algérie, Stephane Romatet, a abordé la question des visas accordés aux citoyens algériens, un sujet au cœur des frictions bilatérales.
Le président Abdelmadjid Tebboune a rapidement réagi à la controverse. Il a affirmé que l'Algérie n'avait aucun rôle dans les déclarations relatives aux visas, cherchant ainsi à dissiper toute implication de son pays dans l'escalade verbale. Cette position intervient alors que Paris et Alger tentent de gérer les répercussions de la politique française sur les visas.
Le mandat de l'Ambassadeur
L'ancien ambassadeur de France Xavier Driencourt a affirmé que l'ambassadeur français en Algérie, Stephane Romatet, avait reconnu avoir reçu un mandat du président Emmanuel Macron et des ministères des Affaires étrangères et de l'Intérieur concernant la politique des visas. Ce mandat visait à rétablir les relations entre l'Algérie et la France et à ramener le nombre de visas délivrés aux citoyens algériens à des niveaux antérieurs à la crise. Xavier Driencourt est présenté comme l'initiateur de plusieurs révélations politiques et médiatiques, dont l'affaire des visas.
Xavier Driencourt a confirmé que de telles déclarations ne peuvent être faites par un ambassadeur sans l'accord de ses supérieurs à Paris, particulièrement en ce qui concerne l'Algérie. Il a précisé : « Avec cette déclaration en apparence innocente, l'Ambassadeur a reconnu deux choses : d'abord, il a confirmé son objectif d'émettre 250 000 visas depuis les trois consulats français en Algérie ; ensuite, il a reconnu avoir reçu ce mandat du Président (et donc des ministères des Affaires étrangères et de l'Intérieur) à cette fin. Ces deux déclarations sont ce qui l'a exposé à de dures critiques, ainsi qu'à une correction de la part du Palais de l'Élysée. »
Critiques et démentis français
Le président Emmanuel Macron a chargé la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, de réfuter les propos de l'ambassadeur de France lors d'un conseil des ministres. Cette décision a marqué une prise de distance de l'exécutif français avec les déclarations de Stephane Romatet.
Plusieurs membres du gouvernement français ont également critiqué l'ambassadeur Romatet. Parmi eux figuraient le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad, la ministre déléguée chargée des Outre-mer, Naïma Moutchou, ainsi que le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot. Ces réactions soulignent un certain désaccord au sein de l'appareil d'État français concernant la communication sur la politique des visas.
Malgré ces critiques publiques et les démentis, les autorités françaises n'ont pas annoncé le limogeage de l'ambassadeur Romatet. De son côté, l'ambassadeur n'a pas non plus présenté sa démission, maintenant ainsi son poste à Alger en dépit de la controverse.
Contexte sensible des visas
L'ancien ambassadeur de France Xavier Driencourt a affirmé que l'ambassadeur Stephane Romatet avait reçu un « mandat » de la part d'instances supérieures pour augmenter le nombre de visas. Selon M. Driencourt, M. Romatet a reconnu son objectif d'émettre 250 000 visas depuis les trois consulats français en Algérie. Xavier Driencourt a précisé : « Avec cette déclaration en apparence innocente, l'Ambassadeur a reconnu deux choses : d'abord, il a confirmé son objectif d'émettre 250 000 visas depuis les trois consulats français en Algérie ; ensuite, il a reconnu avoir reçu ce mandat du Président (et donc des ministères des Affaires étrangères et de l'Intérieur) à cette fin. Ces deux déclarations sont ce qui l'a exposé à de dures critiques, ainsi qu'à une correction de la part du Palais de l'Élysée. » L'auteur du livre « La Double Cécité » s'est interrogé sur la sensibilité de la question des visas en Algérie, un enjeu particulier au vu de la communauté algérienne en France, décrite comme la plus importante de toutes les communautés étrangères dans le pays.
La position algérienne
Le président Abdelmadjid Tebboune a rapidement réagi aux déclarations concernant les visas. Il a affirmé que l'Algérie n'avait aucun rôle dans les annonces relatives à cette question. Selon M. Tebboune, la controverse générée par les propos de l'ambassadeur de France sur les visas est une affaire « franco-française ». Cette prise de position vise à clarifier la non-implication d'Alger dans les tensions soulevées par la politique française en matière de délivrance de visas. Le président algérien a ainsi cherché à dissocier son pays de l'escalade verbale observée, tout en soulignant la nature interne des débats français.